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Interview

Interview : Sophie Durand rejoint l’équipe Kyanite Conseil

Interview

Sophie Durand, rejoint l’équipe Kyanite Conseil, comme experte en transformation et accompagnement d’équipe. Sophie intervient plus particulièrement dans des situations de frictions relationnelles.

Sophie, je suis ravie que tu rejoignes le réseau d’experts Kyanite Conseil, et de pouvoir à travers cet interview mettre en valeur ton parcours et tes compétences. Nous nous connaissons maintenant depuis 12 ans ( on peut parler d’amitié personnelle au démarrage avec une passion commune les chevaux). Peux- tu nous expliquer ton parcours et qu’est-ce qui t’a amené à t’intéresser aux dynamiques relationnelles dans les entreprises ?

Sophie:
En plus de 25 ans en entreprise, dont une dizaine dans l’accompagnement de transformations, d’équipes et de leurs managers, je me suis progressivement rendue compte que les plus grandes difficultés étaient d’ordre relationnelles. Par exemple, des équipes qui ne performent pas parce que le climat de collaboration n’est pas super, des transformations laborieuses où tout le monde traîne des pieds, les frictions entre équipes ou entre leurs chefs… La plupart du temps, les entreprises cherchent à solutionner ces situations en transformant les manières de travailler ou en re-définissant les rôles et responsabilités. En réalité, lorsque les problèmes perdurent malgré ces initiatives de bon sens, on a tout intérêt à regarder du côté des dynamiques relationnelles. Il y a 4 ans, je me suis formée aux interventions systémiques et stratégiques de Palo Alto pour mieux adresser ce sujet.

Quels sont les principaux défis que tu as rencontrés dans tes accompagnements et comment les as-tu surmontés ?

Sophie:
Je dirais que le premier défi, c’est de comprendre les véritables problèmes à régler, au-delà de la demande qui a été formulée par le client. On y parvient en étant en capacité de créer très vite une relation de qualité avec ses interlocuteurs. La clé, c’est de s’intéresser de manière authentique à qui ils sont, ce qu’ils font et leur perception de la situation. Quand la relation commence à s’établir, alors on peut aller interroger ce qui coince vraiment. On s’éloigne bien souvent de la demande initiale, mais ce n’est pas grave, c’est ce qui permet de proposer des interventions pertinentes.

Le deuxième défi, c’est d’intervenir quand le climat est très tendu, ou quand je sens que certaines personnes sont au bord de la rupture. Quand on fait du conseil ou du coaching agile par exemple, on peut légitimement se demander si nos interventions ne vont pas amener davantage de problèmes… C’est au travers des interventions systémiques et stratégiques de Palo Alto que j’ai trouvé le meilleur angle pour aborder ces situations et apporter une aide véritable.

Quels sont, selon toi, les avantages de l’approche interactionnelle de Palo Alto pour les entreprises, particulièrement dans le contexte actuel de complexité managériale et de tensions relationnelles ?

Sophie:
Je suis convaincue que tous les acteurs des entreprises, en particulier les managers, ont intérêt à développer cette sensibilité interactionnelle.
Cela les outille pour désamorcer sereinement bien des situations problématiques qui leur empoisonnent la vie. Par exemple, un manager qui doit gérer un conflit peut utiliser cette approche pour analyser comment les comportements de chacun alimentent le problème. Cela lui permet d’adopter une posture neutre, sans jugement, et de responsabiliser les parties impliquées, plutôt que de se sentir toujours obligé d’arbitrer…ou pire, de ne pas intervenir et subir les conséquences. Cette capacité à intervenir de la sorte est à la fois efficace et permet de s’enlever de la pression, ce qui n’est pas du luxe dans le quotidien d’un manager.

Peux-tu partager un cas d’intervention ?

Sophie:
J’ai été sollicitée par un manager nouvellement nommé à la direction d’une entité de développement logiciel. Il était confronté à une situation critique au sein d’une de ses équipes, qui avait subi une réduction d’effectifs anticipée en raison du décommissionnement d’un produit. Avec la sortie retardée du produit de remplacement, seule une personne conservait une expertise suffisante pour gérer des développements complexes.
Dans un contexte de surcharge de travail, cette situation générait des tensions, l’expert étant accusé de rétention d’information. En effet, il semblait écarter toute tentative d’aide extérieure, consolidant ainsi sa position indispensable. À travers un diagnostic interactionnel, j’ai pu identifier les défauts de communication de la direction lors de l’annonce du démantèlement du produit et le manque de visibilité sur l’avenir de l’équipe.
L’analyse a révélé que l’expert, dans une logique tout à fait compréhensible, se sentait menacé et cherchait à démontrer son utilité et celle de son équipe, ce qui l’amenait à refuser de l’aide. Suite à cette prise de conscience, un véritable travail a été engagé sur les perspectives d’avenir de l’expert et du reste l’équipe.
Cela a permis d’introduire une société externe pour gérer la fin de vie du produit et a offert à l’expert l’opportunité de se projeter vers un nouveau rôle.

Tu as également une autre corde à ton arc : le Lean Agile Procurement. De quoi s’agit-il et à qui ça s’adresse ?

Sophie:
Le Lean Agile Procurement (LAP) est une méthode innovante qui vise à rendre les processus d’appels d’offres plus agiles, rapides et collaboratifs.
Cela signifie que les parties impliquées (clients, fournisseurs, acheteurs) commencent par travailler ensemble très tôt, en co-construisant les solutions en fonction des compétences et des complémentarités. Cette approche permet non seulement de réduire considérablement la durée des appels d’offres, mais aussi d’ouvrir la porte à des solutions plus innovantes que celles qui avaient initialement été envisagées. En testant la qualité de la coopération dès le début, on s’assure de choisir un partenaire capable de naviguer dans la complexité des projets tout en tenant compte des intérêts mutuels.
Le LAP s’adresse principalement aux entreprises qui souhaitent repenser leur manière de collaborer avec leurs partenaires et qui recherchent une approche plus flexible et adaptée à l’incertitude des projets complexes.

En quoi le Lean Agile Procurement permet-il d’aller plus loin dans la création de partenariats agiles et collaboratifs pour les entreprises ?

Sophie:
Le LAP encourage des interactions précoces et de qualité entre les différents acteurs, ce qui permet de construire une véritable coopération. En co-construisant l’offre dès le début, les entreprises ne se retrouvent pas enfermées dans des solutions prédéfinies. Cela ouvre la porte à des pistes d’innovation qui n’auraient peut-être pas été envisagées autrement. En intégrant cette approche, les entreprises peuvent ainsi renforcer leur agilité et leur capacité d’adaptation face à un environnement en constante évolution.

As-tu un cas à nous partager ?

Sophie:
J’ai récemment accompagné une entreprise du secteur de la production de biofuel dans la sélection de leur partenaire EPC (Engineering & Procurement) pour la construction de leur première usine en Europe. Le défi était double : d’abord, les délais étaient extrêmement serrés. Alors qu’un appel d’offres de cette envergure prend généralement 6 à 8 mois, nous n’avions que 3 mois pour conclure. Ensuite, l’entreprise cliente détenait la propriété intellectuelle de certains modules de l’usine, qu’elle fabrique elle-même, ce qui la plaçait à la fois en position de client et de fournisseur vis à-vis de son partenaire EPC.
Grâce à l’approche Lean Agile Procurement (LAP), nous avons pu concevoir et exécuter un processus d’appel d’offres beaucoup plus rapide que la norme. Le partenaire a été sélectionné en trois mois, et une série d’ateliers collaboratifs nous a permis de tester la qualité de la collaboration entre les équipes dès la phase de sourcing. Cette étape a été cruciale pour se rassurer sur la capacité à affronter ensemble les inévitables problèmes et défis qui ponctuent les projets de cette envergure et de cette complexité.

Pour conclure cet échange, en quoi ta collaboration avec Kyanite Conseil apporte de la valeur ajoutée aux entreprises confrontées à des sujets de transformation d’organisation et de performance ?

Sophie:
Avec Laurence, nous sommes très complémentaires. Sur le volet achats par exemple, sa grande expertise du métier et des organisations achats lui permettent de détecter les opportunités d’adopter des démarches plus innovantes. Dans ce cadre, j’apporte mon expertise de l’approche Lean Agile Procurement et ma capacité à animer tous les moments-clés de la démarche.
Nous avons aussi animé ensemble un World Café lors d’un atelier du Club Achats avec la CCI Côte d’Azur il y a quelques mois sur les tableaux de bord achats et KPI. Sur le volet conseil en organisation, je complémente l’approche de Laurence en intervenant ponctuellement pour aider résoudre des difficultés relationnelles qui altèrent le climat de collaboration ou pour comprendre les dynamiques à l’œuvre derrière des problèmes récurrents comme le manque d’innovation, le manque de performance ou d’engagement.

Merci Sophie pour cet échange illustrant ta grande expérience des équipes, et je suis ravie que tu rejoignes le réseau Kyanite Conseil. Je suis convaincue que nous allons pouvoir apporter des compétences complémentaires aux entreprises que nous accompagnons.